Relire sa journée le soir : l'examen en 5 minutes

L'examen du soir, héritage de saint Ignace, en cinq étapes simples : remercier, demander la lumière, relire, demander pardon, se tourner vers demain.

4 min de lecture. Mis à jour le 28 octobre 2026.

Réponse courte. L’examen du soir est une prière de cinq minutes pour relire ta journée avec Dieu. Cinq étapes : remercier pour ce qui a été bon ; demander la lumière pour voir juste ; relire la journée comme un film, sans te juger ; demander pardon pour ce qui a blessé ; te tourner vers demain avec une seule résolution. Saint Ignace de Loyola le recommandait comme la prière à ne jamais omettre.

Pourquoi relire sa journée

La plupart de nos journées passent sans qu’on les regarde. On enchaîne, on court, on s’endort la tête pleine. Le lendemain recommence, avec les mêmes réflexes, les mêmes impatiences, les mêmes oublis.

Relire sa journée, c’est s’arrêter cinq minutes pour voir ce qui s’est vraiment passé : où Dieu était présent, où on l’a oublié, ce qui a fait du bien et ce qui a fait mal. Un artisan inspecte son travail en fin de journée, non pour se punir, mais pour mieux travailler le lendemain.

L’examen en cinq étapes

Cette forme vient de saint Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, qui l’a décrite au XVIe siècle dans ses Exercices spirituels. Elle a traversé les siècles parce qu’elle est simple.

1. Remercier (1 minute)

Commence par ce qui a été bon. Pas seulement les grandes choses : un café chaud, un rire d’enfant, un collègue qui t’a aidé, un problème résolu. Nomme-en trois.

Ce n’est pas qu’une question de politesse envers Dieu. Des chercheurs en psychologie ont observé que les personnes qui notaient régulièrement leurs motifs de gratitude rapportaient un meilleur bien-être que celles qui notaient leurs contrariétés. La gratitude change le regard qu’on pose sur sa journée.

2. Demander la lumière (30 secondes)

Avant de relire, demande simplement : « Seigneur, aide-moi à voir ma journée comme toi tu la vois. » Ni plus sévère, ni plus indulgent. Vrai.

3. Relire la journée (2 minutes)

Repasse ta journée comme un film, dans l’ordre : le réveil, le trajet, le travail, le retour, la soirée. Ne cherche pas à tout analyser. Arrête-toi là où quelque chose te frappe : un moment de paix, une colère, une parole blessante, une occasion manquée, une joie inattendue.

Pose-toi deux questions : où ai-je été le plus vivant aujourd’hui ? Où ai-je été le plus loin de Dieu et des autres ?

4. Demander pardon (30 secondes)

Pour ce qui a blessé, confie-le simplement. Pas de tribunal, pas d’autoflagellation : un fils qui dit à son père « Je n’ai pas été à la hauteur là, pardonne-moi ». Si une chose pèse lourd, garde-la pour ta prochaine confession.

5. Se tourner vers demain (1 minute)

Une seule résolution, concrète, pour demain. Pas « être meilleur » : « écouter ma femme sans regarder mon téléphone au dîner », « appeler ce client avant midi », « prendre cinq minutes de prière avant le travail ». Termine par un Notre Père.

Un exemple concret

Voici ce que peut donner l’examen d’un mardi ordinaire, dans la voiture garée devant la maison.

Remercier. Merci pour le rire de ma fille au petit déjeuner. Merci pour la réunion difficile qui s’est finalement bien passée. Merci pour le coup de fil de mon frère.

Demander la lumière. Seigneur, aide-moi à voir ma journée comme toi tu la vois.

Relire. Le matin était calme. À 11 h, j’ai répondu sèchement à un collègue qui n’y était pour rien : j’étais tendu avant la réunion. L’après-midi, j’ai pris dix minutes pour aider un stagiaire perdu, et c’est le moment où je me suis senti le plus utile. Ce soir, j’arrive fatigué et j’ai déjà envie de m’enfermer avec mon téléphone.

Demander pardon. Pardon pour ma dureté envers ce collègue. Pardon pour ma tentation de fuir ce soir ceux qui m’attendent.

Se tourner vers demain. Demain, je passe voir ce collègue en arrivant. Et ce soir, je laisse le téléphone dans la voiture pendant le dîner.

Cinq minutes. Rien d’héroïque. Mais le lendemain ne ressemblera pas tout à fait à la veille, et c’est tout l’enjeu.

Quand et où le faire

Le meilleur moment est celui que tu tiendras. Pour beaucoup d’hommes, le lit est un mauvais choix : on s’endort à l’étape 2. Quelques options qui fonctionnent :

  • dans la voiture garée, avant de rentrer à la maison ;
  • en fermant l’ordinateur, comme rituel de fin de journée de travail ;
  • pendant une courte marche après le dîner ;
  • en couple, sous une forme simple : un merci, une difficulté, une prière.

Les erreurs fréquentes

Transformer l’examen en procès. Si tu ne vois que tes fautes, reviens à la première étape : la gratitude d’abord, toujours.

Vouloir tout analyser. Cinq minutes, pas une heure. Tu relis, tu ne rédiges pas un rapport.

Abandonner après trois soirs manqués. Tu reprends le soir suivant. Comme pour toute habitude, la régularité compte plus que la perfection.

Pour aller plus loin

L’examen du soir forme un beau duo avec la prière du matin en cinq minutes : le matin, on confie la journée ; le soir, on la relit. Ensemble, ils forment le cœur d’une règle de vie.

Et si tu veux savoir quel pilier de ta vie mérite ton attention en ce moment, fais ta Boussole : trois minutes, sans inscription.

Questions fréquentes

Quelle différence avec l'examen de conscience avant la confession ?

L'examen avant la confession cherche surtout les péchés. L'examen du soir est plus large : il commence par la gratitude et relit toute la journée, le bon comme le moins bon, pour y reconnaître la présence de Dieu.

Et si je m'endors avant la fin ?

Fais-le plus tôt : dans la voiture avant de rentrer, en fermant l'ordinateur, ou en marchant. L'examen n'a pas besoin du lit.

Peut-on le faire en couple ?

Oui, sous une forme simple : chacun dit un merci et une difficulté de la journée, puis une courte prière ensemble. C'est souvent le moment le plus vrai de la soirée.

Sources

  1. Ignace de Loyola, Exercices spirituels (XVIe siècle), manière de faire l'examen général.
  2. Emmons R. A., McCullough M. E. (2003). Counting blessings versus burdens. Journal of Personality and Social Psychology, 84(2).